(oui, je suis d'une génération où mes parents m'ont chanté Y'a d'la joie)
En ce début d’année, j’ai l’impression que “les mauvaises sont mauvaises, d’où qu’elles viennent” (comme le chantait Stephan Eicher… un peu plus récent qu’Aznavour, mais j’ai quand même des drôles de référence !!). Que ce soit les nouvelles du monde, celles d’un peu plus près, les difficultés au boulot, les tuiles qui tombent sur les amis, ça manque singulièrement de lumière ! Et j’ai failli m’y perdre j’avoue. Heureusement, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, je ne suis pas seule, et j’ai été secouée par deux sacrées bonnes femmes, l’une d’à peine 9 ans et l’autre de presque 10 fois cet âge - c’est l’une des beautés de mon ministère : croiser des personnes de tous les âges et de tous les milieux.
La première m’a réclamé avec beaucoup d’aplomb “une histoire joyeuse de la Bible, parce qu’il y en a marre de n’entendre que des histoires tristes et dures”.
La seconde m’a réclamé, avec un peu plus de retenue mais au moins autant de conviction, “un message qui nous ouvre sur autre chose que le désespoir, parce qu’on (les croyant-es) est là aussi pour ça : annoncer une bonne nouvelle, et pas seulement pour quand on sera mort-es”.
Voilà c’est dit. Merci à elles pour leurs interpellations revigorantes ! Elles m’ont fait du bien parce qu’elles m’ont rappelée du côté de la vie et de ce qui fait vivre. Pas en mode déni - c’est clair qu’il y a un tas de choses qui font flipper, à raison, et c’est vrai aussi qu’il se passe dans la vie de certain-es de mes ami-es des trucs vraiment durs. Donc il ne s’agit pas de nier tout ça. Mais, depuis le milieu de tout ça, de retrouver le chemin de la joie, qui est toujours là quelque part, même si on ne le voit pas au premier coup d’œil. Pas pour s’évader loin du marasme ambiant et oublier pour un temps - encore que ça peut aussi avoir cet effet-là, et on prend, ça repose un moment - mais surtout parce que la joie nous relie les un-es aux autres. Vous avez remarqué comme juste de regarder des photos de gens souriants, même si vous ne les connaissez pas du tout, vous donne la banane ? La joie est contagieuse ! Et l’autre effet essentiel de la joie, c’est de nous relier aussi à notre puissance d’agir, de changer les choses, au moins un tout petit peu. Reliées à la joie et par la joie, bien des chemins (re)deviennent possibles. La joie nous donne l’énergie de soulever, au moins un peu, ce qui nous écrase, de chercher de l’aide, de nous remettre en marche.
Et non, ce n’est pas futile de chercher ce qui vous met en joie aujourd’hui, ici, quelle que soit votre situation, quels que soient vos soucis et vos souffrances. C’est essentiel. Chercher la joie vous donnera ce petit élan qui vous permettra de faire encore ce pas, de tendre encore cette main, de tenir encore un bout. La joie, ce n’est pas toujours une grande chose, un accomplissement spectaculaire. C’est bien souvent assez ordinaire et simple, si simple qu’on l’oublie. C’est déjà là, à goûter maintenant, et c’est le germe d’une promesse.
Pour moi, écrire fait partie des choses qui me donne de la joie, de l’élan. Et en ces jours pas tout simples, je me suis remise à la lecture et à l’écriture des haïkus, qui m’aident à prêter attention à ces instants du quotidien où souffle la joie.
Je vous en partage un, écrit la semaine dernière, sous quelques flocons :
Pensées sombres, neige blanche
Ruminations, premiers coucous
Choisis la vie
Je ne suis pas une grande haijin :-) ! Mais ces mots qui me sont venus disent de quoi il s’agit pour moi quand je cherche la joie : choisir la vie et ce qui fait vivre.
Et vous me croirez si je vous dit que dimanche le texte sur lequel il s’agit de prêcher (et que je n’ai pas choisi), c’est les Béatitudes ? Précisément ce texte qui parle d’une joie présente même là où on ne l’attend ni ne la recherche ! Il faut croire que la joie est mon sujet du moment :-)
Et puisque j’ai commencé par deux chansons, et que jamais deux sans trois je vous en offre une troisième, un peu plus récente, des Cowboys Fringants : “Tant qu’on aura de l’amour, de l’eau fraîche et de l’air pur, un toit et puis quatre murs, on aura d’la joie dans not’cour”